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L'expat - Page 2

  • BEAUTY SALON

    En ce samedi, premier jour donc de la semaine du calendrier musulman, nous avons opté avec mon amie pour une nouvelle aventure "manu-pédi".

    Les "salons de beauté" (s'il en est) dans le royaume sont tenus plus secrets que les dossiers du Pentagone, la transmission se fait de bouche à oreille et en trouver la localisation relève d'un véritable jeu de pistes puisqu'ils sont toujours cachés sous une enseigne de "tailor", allez comprendre.......

    La porte d'une grosse maison franchie, nous sommes "accueillies" par la tenancière, tolière, bref, sorte de mère maquerelle qui, d'une main continue de mastiquer son croque-monsieur sorti tout chaud de l'appareil qui crépite encore (et renvoie les effluves Ad hoc) et de l'autre vous arrache nos billets. On paie toujours d'avance....

    Le ton est donné, nous ne sommes pas à l'Institut Dior du Plaza Athénée.....

    A l'étage nous attend une escouade de philippines qui telles un essaim d'abeilles s'informent de nos désidérata. Chacune rejoint son alcôve, je n'ai pas eu le temps de tremper 2 mn dans le pédiluve que branle-bas-de combat, les mutawa (police religieuse) sont annoncés pour contrôler je ne sais quoi et de ramasser fissa fissa nos affaires en catasprophe, de replonger dans nos abayas et de nous retrouver au sous-sol, retranchées dans une cuisine afin que ces êtres charmants puissent faire leur travail.

    La question "que cherchent-ils" reste malheureusement sans réponse....

    L'alerte passée, nous remontons telles des clandestines et nous livrons enfin à "l'expertise" de nos "professionnelles" à la mode philippino-saoudienne quand même, ne vous enflammez pas !!!!

    Avouez que cela pimente un peu la manu-pédi classique des espaces feutrés et chics traditionnels.

    Cela vous rappelle aussi que vivre ici pour une femme est un challenge quotidien, qui à défaut d'avoir du charme ou de l'intérêt, alimente au moins de temps en temps mon blog et distrait mes fidèles. La prochaine fois que vous ferez une "french" dans votre institut préféré, ayez une pensée émue pour moi, rien que l'idée me réconforte déjà.

    Finalement je risque de trouver le vie beaucoup trop conventionnelle à mon retour..... ou pas........

  • VOUS AVEZ DIT PARADOXE ????

    Autant la Sandbox n'est pas l'endroit rêvé pour les militantes du MLF, ni pour les droits les plus élémentaires de la femme comme le droit de vote, le droit de conduire, le droit d'ouvrir un compte en banque sans un mari, un frère, un père et j'en passe tant la liste n'est point exhaustive, autant elle est d'un libéralisme éhonté dans d'autres cas :

    Fumer est largement autorisé dans tous les lieux publics, jeter les déchets sur la route par la fenêtre est parfaitement légitime. Dans le meilleur des cas, si vous suivez quelqu'un d'un peu plus civilisé que la moyenne, il vous informera par son "warning" que quelque chose va se passer. A vous de ralentir afin d'éviter la projection d'une canette d'une marque de soda fort connue en plein pare-brise ou une boîte d'un non moins célèbre fast-food avec les restes du Happy Meal compris.

    Nul n'est tenu de respecter les limitations de vitesse, pas plus que porter la ceinture de sécurité et bien sûr, il est tout à fait recommandé de téléphoner au volant.

    Notre bienveillante Société, responsable de notre sécurité et véritablement soucieuse de cela a mis en place des nouvelles règles à observer qui sont quelquefois coquaces vues de l'intérieur.

    Nous ne possédons évidemment pas de "permis de séjour" dans ce pays mais un visa à renouveler tous les 6 mois avec obligation tous les 30 jours de sortir du territoire afin d'apposer un joli tampon sur notre passeport. Le pays limitrophe est le Barhein. Avant son printemps arabe, le Barhein faisait office de pays de cocagne par rapport à son voisin saoudien. Depuis, cela devient un peu plus compliqué pour nous :

    1/ Informer la société de notre intention de se rendre au Barhein (par obligation je précise) et attendre le feu vert d'un gentleman assis derrière son bureau londonien et qui n'a jamais mis "a single foot in the Middle East". La réponse est invariable, OK mais attention aux rassemblements !!!! Oh shame, j'étais pourtant bien tentée pour tester les gaz lacrymogènes de la brigade anti-émeutes.....

    2/ Laisser notre véhicule à la frontière saoudienne et grimper dans un taxi qui va nous amener, lui, en toute "safety" au Royaume Barhani. Alors là, je m'insurge... c'est plutôt un ticket gagnant pour le Royaume des Cieux !!! Les ceintures de sécurité dont nous devons nous parer à l'arrière sont souvent inexistantes, le driver ne pipe généralement pas un mot d'anglais (nos connaissances en arabe sont limitées, autant pour nous), la communication devient alors difficile quand il s'agit de lui demander de ralentir son bolide qu'il a lancé à 150 km/h sur le pont qui relie les 2 pays où la limitation est à 80 Km/h. La gestuelle dans ces cas-là fait des merveilles mais sans pour autant éviter l'accélération de notre rythme cardiaque.

    A leur décharge, il n'y a pas si longtemps, ils étaient encore des bédouins dans le désert avec leurs chameaux. Avec la découverte du pétrole, ils se retrouvent projetés dans le 21ème siècle mais rappelons que leur calendrier indique encore l'an 1433, je crains que les comportements et les mentalités soient restés à cette date d'où certains "décalages". Imaginez vous faire un grand écart permanent avec un pied au  Moyen-âge avec les gueux, les manants, les mules et un autre pied dans le monde actuel, l'exercice est déstabilisant, vous en conviendrez... Les chameaux ont donc été remplacés par de puissants 4X4 mais le mode d'emploi n'a pas forcèment été livré avec, pas plus sûr que tous ne possèdent leur permis de conduire, d'où des situations "au-delà du réel" comme :

    Traverser subitement l'autoroute pour aller à la station service en face (pas de glissière de sécurité entre)

    Vouloir passer coûte que coûte, à droite, à gauche, voire sur le sable, ou sur des voies non prévues à cet effet dans le tracé initial des Ponts et Chaussées.

    Je passe sur les enfants non ceinturés, à l'avant, jouant sur les genoux de leur mère ou debout sur le fauteuil, les ados pré-pubères qui conduisent ou du moins essaient  de conduire d'énormes  véhicules, le nez arrivant à peine à la hauteur du pare-brise, je vous laisse juger de leur dextérité au volant. Inutile de préciser qu'hélas, les spots les plus "gore" de la prévention et sécurité routière française font ici partie du quotidien sans que cela ne frappe la conscience collective. 

    Ainsi va la vie dans ce merveilleux pays et j'en viens à me demander si finalement elle ne serait pas plus douce dans le désert........

  • GROCERY

    Le Dimanche est le jour traditionnellement dédié dans notre petite organisation communautaire au shopping et plus spécifiquement à l'épicerie.

    Je rappelle à toutes les féministes que dans la Sandbox, nous ne sommes pas autorisées à conduire, aussi nous grimpons dans un mini bus d'un autre âge (probablement celui de Mahomet quand il était jeune homme) dûment conduit par Mohammed. Comme son nom ne l'indique pas, Mohammed est indien et a donc la conduite appropriée : gymkhana, coups de freins intempestifs, utilisation frénétique du klaxon sont ses jeux favoris. 

    Allah soit loué, nous avons une vue partielle de la route (et de ses risques), celle qui s'ouvre devant nous puisque sur les côtés les vitres sont entièrement obturées par des rideaux fermés, n'oublions pas que nous devons nous soustraire aux regards avides des hommes. Petite parenthèse, pour les adeptes de l'adage "pour vivre heureux, vivons cachés", je conseille de venir l'expérimenter ici et vous m'en direz des nouvelles"... Dans le bus, les communautés s'organisent, les sud africaines dans un coin parlant afrikaans à grands renforts de sons gutturaux(quel délicieux babil), les espagnoles caquetant gentiment, d'aucunes finissant leur nuit, d'autres, comme moi ne quittant pas des yeux notre driver, impuissante à ses lâchers de volants pour s'éponger le front, pour saisir une bouteille d'eau derrière son siège, pour s'étirer et j'en passe.

    Après donc un lever matinal pour un départ à 8 heures pétantes et 1H15 de "mauvais traitements", (évitez les petits déjeuners copieux), nous arrivons à la ville armées de nos glacières afin de conserver nos produits frais et bien couvertes par nos abayas. Là, deux écoles, on en jette une poignée dans le Mall ou centre commercial, les autres continuent en direction du supermarché Lulu ou Tamimi. Il est alors 9H30. Nous avons exactement 1H montre en main. Pas le temps de lambiner, un véritable rally de caddy commence dans les allées afin de dénicher les denrées comestibles et vitales. 10H30 retour au bus.10H45 dans le meilleur des cas, arrivée au Mall. Nous avons moins d'une heure pour prendre un café ou faire un peu de shopping si le coeur nous en dit encore et surtout si nous avons un regain d'énergie. 11H40, dans le bus et c'est reparti dans l'autre sens pour 1H15 de plaisir avec toujours aux commandes, je vous le donne en mille, notre Mohammed national, remonté comme une pendule et pressé comme un cheval qui sent l'écurie, sensations garanties ......

    Arrivée à 13 H à Jubail, HAMDOULLAH !!!!!!

    Exténuées mais ayant le sentiment du devoir accompli, c'est une chose en moins à demander à nos tendres époux durant leurs trop courts week-ends trimant durant toute la semaine pour  nous offrir cette vie de rêve..... Bénis soient-ils !!!!

     

    Une petite sieste peut-être ?

    A  dimanche prochain, Inch allah !!!!!!!